Voile islamique : pourquoi on ne parle jamais de ces intolérants là ?

Tu ne liras sûrement jamais ces lignes, mais je tiens à dire que je la trouve très sympa ta tenue. Sauf les chaussures. Je suis pas très fan des chaussures.

En France, beaucoup de non-musulmans sont très critiques envers le voile islamique. Au point d’envisager l’idée de l’interdire totalement. Tout le monde sait ça.

Mais on ne parle jamais de l’intolérance qui vient de l’intérieur de la communauté musulmane.

Pourquoi ?

C’est pas important ?

C’est pas important de dire le harcèlement que subissent les musulmanes de la part de leurs coreligionnaires ?

Une musulmane (non voilée) fait un rappel à Casus Lady (non-musulmane) en pensant parler à une musulmane voilée : « comment on fait pour prendre au sérieux les femmes voilée après ? »

Moi, je trouve que c’est important.

Je voudrais qu’on en parle beaucoup plus.

Déjà, parce qu’il n’y a pas si longtemps, je ne savais même pas que ce phénomène existait.

Mais aussi, parce que – à nous les mécréants – on nous vend le voile comme un simple bout de tissu, un vêtement quasiment comme un autre qui ne représente qu’une relation très personnelle avec un Dieu à un instant T.

En parallèle, les autorités religieuses poussent les musulmanes dans cette idée que le voile c’est le dernier pallier : quand tu te sens prête, quand tu te sens assez pieuse, quand tu te décides enfin à porter le voile, alors – à ce moment-là – tu deviens une bonne musulmane, digne d’être reconnue en tant que telle. Évidement, ce dernier stade est le but ultime que chaque musulmane se doit d’atteindre dans sa vie.

Donc, en islamie, le voile n’est pas un simple bout de tissu… du tout. C’est une consécration. C’est un objet sacré. Et il est primordial qu’il le reste. Parce que son seul rôle est d’être un marqueur de pureté, de dignité, de vertu, d’appartenance à une communauté et de soumission à ses règles.

Les règles du jeu étant :

  • aucun retour en arrière envisageable (même si la société te met des bâtons dans les roues).
  • si tu le portes, tu le portes selon les règles établies par l’autorité religieuse: il doit tout couvrir et – surtout – il doit te différencier très clairement des impures.
  • toute musulmane qui décide de porter le voile donne son consentement implicite à la oumma pour lui faire des rappels, à chaque fois qu’elle ne s’en montre pas digne.
@bassemradiohlib

Une femme danse place Kléber à Strasbourg Bassem nous montre la scène #radiohlib #bassem #chorégraphie

♬ son original – Bassem Radio Hlib – Bassem Radio Hlib

On comprend mieux – une fois cette pression communautaire mise-à-jour – pourquoi des sportives de haut niveau préfèrent abandonner leur carrière sportive plutôt que d’enlever « ce simple bout de tissu » pendant les 90′ que dure un match : l’enlever, même pour un temps bien défini, c’est renoncer à ce statu très particulier de « LA fille vertueuse », celle qui sert d’exemple, celle qui honore sa famille et toute la oumma, celle qu’on présente à la mosquée comme un but à atteindre.

En vrai, je crois bien que ce qui me gène le plus avec l’islam sunnite, c’est ça.

Par le poids de sa oumma, par omniprésence de son rappel entre croyants, l’islam sunnite chie sur le droit de chacun à disposer de sa propre vie pour lui-même.

C’est juste insupportable.

Je terminerai avec ça : en France – pays de la laïcité et de la liberté de croire, un peu, beaucoup, pas du tout – les menaces religieuses exercées sur autrui sont interdites, et passibles d’une peine de prison.

Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat.
Article 31
Sont punis d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ceux qui, soit par menaces contre un individu, soit en lui faisant craindre de perdre son emploi ou d’exposer à un dommage sa personne, sa famille ou sa fortune, ont agi en vue de le déterminer à exercer ou à s’abstenir d’exercer un culte, à faire partie ou à cesser de faire partie d’une association cultuelle, à contribuer ou à s’abstenir de contribuer aux frais d’un culte.
Les peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende lorsque l’auteur des faits agit par voie de fait ou violence.

Mais aucun texte ne mentionne vraiment le harcèlement religieux par prosélytisme trop envahissant pour laisser réellement l’autre décider par lui-même.

Saviez-vous, qu’en 2020, une certaine Sylvie GOY-CHAVENT – femme politique de droite – avait déposé au sénat une proposition de loi visant à instituer un délit de harcèlement religieux ? (https://www.senat.fr/leg/ppl12-064.html)

Je trouve cette idée géniale.

Je me demande pourquoi ce texte n’a jamais été discuté à l’Assemblée ? L’a-t-il été ?